
Chaque année, le scénario se répète.
Le 1er janvier arrive avec son lot de résolutions : mieux manger, faire du sport, changer de travail, méditer tous les matins, devenir une meilleure version de soi-même…
Et si le problème n’était pas nous, mais simplement le moment choisi ?
Janvier : un mois à contre-courant du vivant
Un post très juste du Dr Cécile Feltin du compte Instagram @psychiatrie.sans.filtre, publié le 7 janvier 2026, rappelait une évidence souvent oubliée :
« Le nouvel an agit comme un reset mental, un nouveau départ symbolique. En psychologie comportementale, cet effet est bien documenté, es repères temporels forts comme la rentrée, un anniversaire ou le nouvel an augmentent transitoirement la motivation au changement. »
Un français sur deux prend des résolutions au nouvel an, près de 45% des personnes abandonnent dès le 1er mois !
La motivation s’essouffle, la fatigue reprend le dessus et un sentiment d’échec s’installe. »
Nous sortons des fêtes, souvent fatigués physiquement, émotionnellement et financièrement.
Les journées sont courtes, le froid s’installe, la lumière se fait rare. Du point de vue biologique et neurologique, notre organisme est encore en mode économie d’énergie.
Vouloir démarrer des changements majeurs à ce moment-là, c’est un peu comme demander à une graine de pousser en plein hiver.
Ralentir sans hiberner complètement
Cela ne signifie pas qu’il faille “ne rien faire” en janvier.
Mais plutôt faire autrement.
Janvier n’est pas un mois de renouveau, mais un mois de récupération. C’est un mois propice à :
- l’introspection
- le bilan de l’année écoulée
- de tri (il fait désormais trop chaud en été pour trier !)
- l’écoute de ses besoins réels
- le repos du système nerveux
Ralentir, oui. Hiberner complètement, non, on n’est pas des ours ! C’est un temps de gestation, pas encore d’action.
Mais alors, quand est-ce qu’on bouge ?
Le 1er février
Dans les traditions païennes, le 1er février marque la fête d’Imbolc.
Imbolc célèbre le renouveau, le retour progressif de la lumière, les premières promesses du printemps.
Symboliquement et énergétiquement, c’est un moment beaucoup plus cohérent pour initier un changement :
- les jours rallongent
- l’élan vital recommence à circuler
- les projets peuvent sortir de terre
Imbolc représente ce passage subtil entre l’hiver et le printemps : on n’est plus dans le repli, pas encore dans l’explosion d’énergie, mais dans l’émergence.
Un moment idéal pour poser des actions douces, réalistes et durables.
Le printemps : le vrai nouvel an du vivant
Ce n’est pas un hasard si, dans de nombreuses cultures, le nouvel an commence au printemps.
Le printemps, c’est :
- le retour de l’énergie et du soleil
- le mouvement
- la croissance dans la nature
- l’envie naturelle de nouveauté
Le cerveau est plus disponible, le corps plus tonique, la motivation plus spontanée.
Les changements initiés à cette période s’inscrivent plus facilement dans la durée, car ils suivent le rythme du vivant… et non celui du calendrier administratif.
Septembre : l’élan de la rentrée
Autre période clé souvent sous-estimée : septembre.
Après l’été, même imparfait, nous avons généralement :
- rechargé un peu les batteries
- pris de la distance
- changé de rythme
La rentrée apporte une énergie de nouveauté, de structuration, de clarté.
C’est un moment très favorable pour :
- reprendre de bonnes habitudes
- démarrer un apprentissage
- mettre en place de nouveaux projets
Sans la pression symbolique du “nouvel an”, mais avec une énergie collective porteuse.
Et si janvier servait à autre chose ?
Plutôt que de multiplier les résolutions intenables en janvier, il peut être beaucoup plus juste de :
- choisir une intention pour l’année,
- sélectionner un mot pour le premier trimestre,
- un mot-boussole, qui donne une direction sans rigidité.
Un mot comme :équilibre, focus, vitalité, prospérité, efficience, PAIX, aimer, avancer, ancrer…
Ce mot n’impose rien.
Il oriente.
Il accompagne.
Il laisse de la place au rythme, aux ajustements, à la réalité de la vie.
Là où les bonnes résolutions deviennent « une injonction implicite » d’après le Dr Cécile Feltin. « Ça dérape quand une résolution devient rigide, irréaliste et dictée par la norme sociale. Elle augmente surtout le stress, l’auto-critique et le découragement ».
Respecter son rythme, c’est déjà prendre soin de soi
Les bonnes résolutions échouent souvent non par manque de volonté, mais parce qu’elles sont posées à contre-temps.
Respecter les saisons, les cycles naturels, son énergie réelle, c’est faire preuve d’intelligence émotionnelle et physiologique.
Et si, au lieu de se forcer à changer en janvier, on apprenait à écouter quand le changement est vraiment prêt à émerger ?Parfois, la plus grande sagesse consiste simplement à attendre que la lumière revienne… et à se préparer intérieurement à l’accueillir.